La fonction musculaire statique
Historiquement,
les kinésithérapeutes étaient les cousins des professeurs d’éducation
physique. Assez logiquement alors, les rééducations étaient envisagées
sous l’angle du mouvement. C’était la « gymnastique
médicale ». Ce n’est en fait pas tout à fait faux : les gens
qui souffrent décrivent souvent leurs problèmes articulaires par de la
perte de mobilité. Ils ne peuvent plus faire tel ou tel mouvement,
tenir une telle position …
Il semblait dès lors assez logique de les faire bouger, de les mobiliser pour les améliorer.
Quand
on ouvre un livre d’anatomie fonctionnelle, on s’aperçoit aisément que
les actions musculaires sont toujours décrites en terme de dynamique,
c’est-à-dire en expliquant le mouvement produit par la contraction
concentrique (avec raccourcissement) du muscle décrit.
La
grande découverte qu’a fait l’auteur de la Rééducation Posturale
Globale (RPG), Philippe SOUCHARD, est le concept d’action musculaire
statique, presque ignoré jusqu’à aujourd’hui et en tous cas ni
expliqué, ni utilisé.
Le principe de
l’action musculaire statique vient de l’observation et du bon sens,
aujourd’hui renforcés par les recherches scientifiques.
Une
personne qui reste immobile debout, pour attendre son tour dans une
file, ne contracte pas volontairement, activement, la musculature de la
colonne vertébrale, des membres. Mieux, si on mesure l’activité
électromyographique, elle est très faible, voire nulle. Les muscles ont
une nature élastique et elle sert à nous permettre d’effectuer des
tâches dans lesquelles certains segments de notre corps sont immobiles,
et même quand tout le corps ne bouge presque pas. Une secrétaire qui
reste assise devant son pc en bougeant peu ressent aussi des
courbatures au bout d’un temps.
Cette
constatation change le point de vue du thérapeute pour beaucoup
d’aspects de son travail : il explique par la fonction statique
l’origine de pas mal de pathologies (attribuées au stress et à beaucoup
de facteurs peu probables) et doit envisager une autre approche
rééducative. Il est facilement compréhensible que même si le
travail parait plus faible, s’il dure beaucoup plus longtemps, les
conséquences mécaniques soient tout aussi considérables. Un effort,
même faible, longtemps maintenu implique une participation économique
du muscle et sans intervention de la conscience.
Si la musculature travaille bien sans se mouvoir, elle en fait presque
plus « sans rien faire » qu’en bougeant, il faut adapter
l’orientation de la rééducation. Il faut proposer une thérapie de la
fonction musculaire statique. C’est le sujet de la RPG.
Evidement,
la finalité n’est pas de soigner des personnes immobiles !
Améliorer la fonction statique permet justement de faire des progrès
dans les mouvements. Il est évident qu’il faut que le thérapeute
améliore le mouvement de celui qui est bloqué, mais en RPG ce travail
se fait d’abord par le traitement de la fonction statique. Ensuite, et
seulement ensuite, nous rééduquons le mouvement.
De
plus, les muscles doivent « s’entendre » entre eux pour unir
leurs actions et permettre une activité. C’est la coordination motrice
dynamique (beaucoup étudiée) et la coordination statique, au centre des
préoccupations de la Rééducation Posturale Globale.
C’est
ce concept qui se trouve derrière l’ancienne appellation de
« chaînes musculaires ». Ce terme représente en fait l’image
de la coordination statique et il reste encore d’usage chez les
praticiens par facilité, pour se faire mieux comprendre.
Pour en savoir plus sur les « chaînes musculaires », choisir l’onglet du même nom.
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